Quand on cherche une licence Windows ou Microsoft Office sur Internet, on tombe rapidement sur des prix totalement différents.
D’un côté, Microsoft vend certaines versions plusieurs centaines d’euros. De l’autre, on trouve des licences à 5€, 10€ ou 20€, parfois même sur des sites français avec facture, SIRET et support client.
Du coup, beaucoup de personnes se posent la même question :
Est-ce que ces licences sont légales ? Est-ce une arnaque ? Pourquoi une telle différence de prix ?
La réalité est un peu plus complexe que le simple “c’est légal” ou “c’est illégal”.
Il existe plusieurs types de licences Microsoft
La première chose à comprendre, c’est qu’il n’existe pas “une seule licence Windows” ou “une seule licence Office”.
Microsoft commercialise plusieurs types de licences : Retail (boîte classique grand public), OEM (préinstallée sur PC), Volume, Éducation, abonnements Microsoft 365, licences destinées aux entreprises, licences perpétuelles ou encore licences temporaires.
Et ces licences n’ont pas toutes le même prix, ni les mêmes droits d’utilisation.
Par exemple, une licence Microsoft 365 inclut des services cloud, du stockage OneDrive et des mises à jour continues. Une licence Office 2021 Pro Plus fonctionne différemment : paiement unique, sans abonnement.
Pourquoi certains vendeurs proposent des prix très bas ?
Il y a plusieurs raisons possibles.
Dans certains cas, il peut s’agir de licences issues de surplus d’entreprise, de licences revendues sur le marché secondaire européen, de stocks OEM, de licences inutilisées ou encore de programmes volume.
Mais il existe aussi des vendeurs peu sérieux utilisant des clés volées, des clés générées frauduleusement, des activations abusives, des licences destinées à un autre usage ou des systèmes d’activation temporaires.
C’est pour cela qu’on voit parfois des clés qui fonctionnent quelques semaines puis se désactivent plus tard.
Tous les vendeurs “pas chers” ne proposent donc pas forcément la même chose.
Le marché de la revente logicielle existe réellement en Europe
Beaucoup de personnes pensent que toute revente de licence est automatiquement illégale. Pourtant, la situation en Europe est plus nuancée.
En 2012, la Cour de justice de l’Union européenne, dans l’affaire UsedSoft vs Oracle (C-128/11), a confirmé que la revente de certaines licences logicielles perpétuelles pouvait être autorisée dans le cadre du principe d’épuisement des droits.
Cette décision concernait notamment les logiciels téléchargés en ligne et non uniquement les supports physiques.
Depuis, un véritable marché européen de la licence d’occasion s’est développé, surtout dans le monde professionnel.
En revanche, cela ne veut pas dire que tout ce qui est vendu à bas prix est automatiquement conforme ou garanti à vie.
Pourquoi Microsoft préfère pousser Microsoft 365 ?
Aujourd’hui, Microsoft pousse énormément les abonnements Microsoft 365 plutôt que les licences perpétuelles classiques.
La raison est simple : revenus récurrents, services cloud, synchronisation, IA, stockage et écosystème fermé.
De plus en plus d’utilisateurs particuliers et professionnels passent donc sur un modèle abonnement.
Mais beaucoup de personnes préfèrent encore acheter une licence définitive Office ou Windows sans paiement mensuel, surtout pour des usages simples.
Comment éviter les mauvaises surprises ?
Avant d’acheter une licence logicielle, il est important de vérifier plusieurs points : présence d’une société identifiable, mentions légales, facture, support client réel, téléchargement officiel Microsoft, réputation du vendeur et transparence sur le type de licence vendu.
Un prix très bas n’est pas forcément synonyme d’arnaque, mais un vendeur opaque sans informations légales doit clairement éveiller la méfiance.
Conclusion
Le marché des licences Windows et Office est devenu très compliqué pour le grand public.
Entre les licences perpétuelles, les abonnements, les licences OEM, volume ou reconditionnées, il est normal que beaucoup d’utilisateurs soient perdus.
La réalité est qu’il existe aujourd’hui un vrai marché européen de revente logicielle, encadré par plusieurs décisions de justice importantes, mais il existe aussi énormément de vendeurs peu sérieux profitant du manque d’informations des utilisateurs.
Le plus important reste donc de comprendre ce que l’on achète réellement, plutôt que de regarder uniquement le prix affiché.